Facebook / Google Plus : La guerre du social
Publié le 11 juillet 2011, par Ederntal
L’industrie de l’informatique grand public a toujours été faite de guerres passionnantes entre les géants du secteur. Cela s’est joué pendant des années autour des systèmes d’exploitations, mais aujourd’hui, avec l’explosion des services en ligne et des nouveaux appareils connectés, les enjeux sont bien plus complexes et de nouveaux venus se sont hissés au niveau de Microsoft et d’Apple.
Les deux combats les plus médiatiques du moment tournent autour du géant de la recherche, Google, qui tente de conquérir de nouveaux secteurs pour pérenniser sa suprématie : d’un côté il concurrence Apple en offrant un système d’exploitation mobile aux constructeurs de smartphones et d’ordinateurs portables (avec Android et ChromeOS), et d’un autre côté (celui qui nous intéresse aujourd’hui) il élargit son secteur d’activité sur Internet en lançant Google Plus (ou Google+), un service social concurrent de Facebook, l’autre géant du web…

Moi, Facebook, maître du monde
Avec sa croissance fulgurante et ses 750 millions de membres, Facebook remplace aujourd’hui dans bien des cas l’email, MSN, les sites de partages de photos et propose même des jeux vidéo ! Le modèle économique est identique à celui de Google, les services sont gratuits, financés par une publicité ciblée et peu intrusive.
La stratégie de Facebook est de proposer toujours plus de services au sein de son interface, pour devenir le principal hub de l’Internet d’aujourd’hui et de demain. Au lieu de vouloir créer ses propres technologies, ce qui est long et coûteux, Facebook préfère s’allier à d’autres entreprises compétentes qui sont très enthousiastes à l’idée de pouvoir toucher un public si large : Skype pour le chat vidéo depuis mercredi dernier, et bientôt Spotify pour la musique en streaming…
À cela s’ajoutent les jeux, comme l’emblématique Farmville ou de grosses licences comme Les Sims ou Civilisation, en version allégée certes, mais qui feront certainement un carton auprès du grand public. Pas étonnant que Facebook soit devenu le site où les internautes occidentaux passent le plus de temps, environ 6h par mois, loin devant Google !
Moi, Google, maître du monde
Le succès de Facebook est, certes, impressionnant, mais Google reste le roi du web : la recherche par mots-clés est encore le pilier central de la navigation sur internet, et dans ce domaine il écrase la concurrence. La plupart des autres services proposés sont leaders dans leurs domaines (YouTube, Gmail, Calendar, Google Maps, Google Earth, Analytics, Android…), portant leur chiffre d’affaires en 2010 à plus de 29 milliards de dollars, alors que celui de Facebook est estimé aux alentours d’1 milliard « seulement ».
Le seul domaine où Google n’arrive pas à percer est le social. Après deux essais ratés, Buzz et Wave, dont personne n’a vraiment compris le fonctionnement, Google a décidé de frapper un grand coup en annonçant la semaine dernière Google Plus. Tout est fait pour rassurer les futurs membres : le fonctionnement est calqué sur Facebook, l’interface est bien pensée, et basée sur des technologies maison qui ont déjà fait leurs preuves (Picasa pour les galeries photos et YouTube pour les vidéos).
L’amélioration notable est la possibilité de classer ses relations dans différents « cercles » et ainsi ne pas partager les mêmes informations avec tous vos contacts. Vous pouvez donc mettre une photographie de la soirée trop arrosée de la veille sans avoir peur de choquer votre patron. Bien vu, mais est-ce suffisant pour attirer le grand public ?
Car le nerf de la guerre est bien là, il faut obligatoirement que les internautes viennent s’inscrire rapidement et en masse pour que celui-ci puisse prendre son envol. On oublie vite un réseau social s’il est vide et que l’on a peu de connaissances avec qui interagir. Beaucoup d’internautes ne voudront pas mettre à jour leurs profils sur une plateforme de plus, on arrive déjà à saturation avec Facebook, Twitter, Foursquare et les autres…
Par ailleurs, s’il y a bien une entreprise qui peut rentrer dans ce cercle fermé et concurrencer sérieusement le site de Mark Zuckerberg, c’est bien Google, dont les différents services sont très appréciés, et la puissance de frappe énorme. Google peut lancer et soutenir un nouveau service pendant des années, même si celui-ci n’est pas rentable. Grâce à Gmail et à les téléphones Android, des centaines de millions d’utilisateurs sont déjà habitués à l’interface proposée par Google.
Les premiers signes sont plutôt favorables, le buzz autour du lancement a été énorme, et le bouton +1 (le « j’aime » made in Google) est déjà adopté par de nombreux sites. Pour le moment, on trouve principalement sur le réseau des journalistes et des geeks qui ont réussi à être invités, le grand défi de Google étant maintenant de faire adopter le service par un plus large public.
Actuellement, le site est vide de toute publicité. Il est entièrement basé autour des utilisateurs et il a même été demandé aux marques et aux sites internet de ne pas créer de comptes pour le moment. Leur interface sera différente et adaptée à leurs besoins (publicité ciblée, statistiques détaillées…).
Dans la stratégie de Google, ce nouveau service est extrêmement important. Car au-delà de leur volonté de concurrencer Facebook, le géant de Mountain View compte améliorer la pertinence des résultats de son moteur de recherche en prenant en compte vos goûts et ceux de vos amis grâce au bouton +1 : si vous ou un de vos amis a aimé une page d’un site internet, elle sera alors mieux classée lors de vos recherches sur le moteur de recherche. Chose impossible si on sépare les infrastructures sociales et les moteurs de recherches comme c’est le cas actuellement.
Parallèlement à Google Plus, un nouveau design a été lancé (la fameuse barre noire de navigation que vous avez déjà pu voir en haut des pages de Google), pour nous rappeler l’étendue des services et nous pousser à nous connecter en permanence avec notre identifiant Gmail, réflexe indispensable pour avoir les dernières notifications en provenance de Google Plus et avoir des résultats personnalisés sur le moteur de recherche. S’identifier, c’est faire un pas vers la réussite du réseau social de Google.
Alors, Google va-t-il réussir à rentrer dans le monde du web social, pilier de l’Internet de demain ? C’est difficile à dire tant le défi est important… S’il n’arrive pas à concurrencer Facebook cette année, c’est qu’aucune autre société ne le pourra avant un bon moment ! Ce qui va se passer ces prochains mois risque d’être passionnant, les deux sociétés risquent gros et semblent bien décidées à se rendre coups pour coups !
Google Plus est maintenant ouvert à tous, pour vous inscrire il faut juste une adresse Gmail et aller sur plus.google.com. L’application pour smartphone Android est déjà disponible et la version iOs devrait arriver la semaine prochaine.



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